dimanche 23 juillet 2017

19 AOÛT 120 battements par minute

SAMEDI 19 AOÛT 20H
120 battements par minute
de Robin Campillo
(France - 2017 - 2h20)
avec Nahuel Perez Biscayart, Arnaud Valois, Adèle Haenel
Grand Prix du jury, Cannes 2017
AVANT-PREMIÈRE + RENCONTRE AVEC LE RÉALISATEUR 

Bande annonce


Début des années 90. Alors que le sida tue depuis près de dix ans, les militants d'Act Up-Paris multiplient les actions pour lutter contre l'indifférence générale. Nouveau venu dans le groupe, Nathan va être bouleversé par laradicalité de Sean.
Torrent de larmes ne dit pas bon film mais il se trouve que ce récit au coeur de l’activisme d’Act up trouve une distance étonnamment empathique et froide pour embrasser aussi bien la ferveur du groupe que la singularité des individus qui le composent. On entre dans 120 battements tel des novices assistant à leur première réunion du groupe. On est ici dans un mouvement de jeunesse, composé de garçons et de filles lesbiennes, pédés, trans, séropos ou non. Il y a aussi une mère de famille et son fils ado contaminé par transfusion de sang. Mais on est aussi dans le passé, c’est-à-dire avant la circulation des « leaks » et des informations via les réseaux sociaux, avant la levée de
mouvements protestataires par Facebook ou envois de mail. Tout est plus difficile, plus caché, plus lent, pour obtenir des résultats transitoires pour un nouveau médicament par un labo, pour mobiliser les médias, pour recruter des militants etc. Le film est donc aussi drapé dans cette histoire ancienne dont on est encore les contemporains au coeur d’une époque qui va vite et souvent oublie tout.
Robin Campillo lui n’oublie rien. Il a été militant Act Up, il en a gardé les vifs souvenirs, les joies saines de l’action d’éclat et la douleur des deuils trop précoces. Le film procède par grands blocs de prises de paroles dans l’enceinte d’un amphi où les gens ne sont pas forcément sur la même longueur d’onde sur les priorités, les modalités activistes. Qu’est-ce qu’on fait pour être plus efficace ? Etre sérieux, crédible, mesuré ? Ou au contraire, passer la mesure, choquer, réveiller les esprits quitte à leur faire perdre toute contenance ? Un des trucs inventé par Act Up consistait à jeter des poches de faux sang sur des décideurs de labo, des hommes politiques inertes ou trop timorés, des prêtres
réacs et homophobes…
On a perdu l’usage de ce modèle de violence qui tâche et ne fait de mal à personne, à moins que
la farine et les oeufs dont on brocarde les politiques en soient un héritage plus popote.
Le film évoque bien cette effervescence d’une agora galvanisée par la pression du temps qui
manque et par l’humour folle qui parfois fuse quand il s’agit de trouver les bons slogans pour
la gay pride. Deux personnages se dégagent peu à peu du groupe en une idylle nouée par le désir
et l’angoisse entre le radical Sean) et de plus ombrageux Nathan, le premier est malade, le
second n’est pas infecté. La montée de sève est aussi une oraison à l’existence injustement
ruinée par le silencieux travail de sape du virus que l’écran modélise en particules neigeuses
s’agrégeant pour tuer.
Didier Péron, Libération


23 Août Mort à Sarajevo

MERCREDI 23 AOÛT 20H45
Mort à Sarajevo
de Danis Tanovic
(France/Bosnie - 2017 - 1h25)
avec Jacques Weber, Snezana Markovic,
Izudin Bajrovic

Ours d’argent, Berlin 2016
RENCONTRE AVEC JACQUES WEBER ET SOUS RESERVE, LE RÉALISATEUR

extrait


Alors que l’Hotel Europe accueille une importante délégation de diplomates réunis pour le
centenaire du début de la Première Guerre Mondiale, les employés préparent une grève. L’hôtel
devient le théâtre d’un conflit social, idéologique et politique et les tensions menacent
dangereusement de perturber le dîner de gala.
Nous plongeant dans les coulisses d’un grand hôtel de luxe alors que se prépare la cérémonie
de commémoration du déclenchement de la première guerre mondiale, Danis Tanovic dresse
un pont à travers l’Histoire et questionne le devenir de l’Europe. Il façonne un portrait mutiple de la société bosniaque et de ses contemporains. Une société gangrénée, divisée et en perte d’idéal, qui, comme l’Europe, se voile la face. Travaillant avec fluidité sur l'enchaînement des séquences et exacerbant certaines sonorités, Danis Tanovic attise notre tension et, au fil d’un chassé-croisé, nous
immerge proprement au coeur d’un microcosme qui se dessine comme l’allégorie de nos sociétés
régies par l’argent, le pouvoir et les apparences.
Nicolas Gilson, ungrandmoment.be

30 Août Gabriel et la montagne

MERCREDI 30 AOÛT 20H15
Gabriel et la montagne
de Fellipe Barbosa
(Brésil - 2017 - 2h07 - VO)

avec João Pedro Zappa, Caroline Abras
RENCONTRE AVEC LE RÉALISATEUR

bande annonce

Avant d'intégrer une prestigieuse université américaine, Gabriel Buchmann décide de partir un an faire le tour du monde. Après dix mois de voyage et d'immersion au coeur de nombreux pays, son idéalisme en bandoulière, il rejoint le Kenya, bien décidé à découvrir le continent africain. Jusqu'à gravir le Mont Mélange au Malawi, sa dernière destination.
Gabriel veut dépasser son statut de touriste occidental, pour rejouer à chaque carrefour l’épiphanie de la rencontre avec son prochain, se signalant par son incroyable facilité à nouer des liens. 
La première partie se déploie ainsi magnifiquement, tel un registre affectueux de l’hospitalité réciproque et de l’amitié confiée, avec une douceur de mise en scène et une tendresse de regard bouleversantes. Cette naïveté du personnage itinérant se révèle peu à peu dissimuler une négation morbide de sa vraie nature, de ses origines bourgeoises comme de son bagage intellectuel. Gabriel, plus ambivalent, plus isolé qu’il n’y paraissait, se précipite vers l’inconnu, vers un sommet devenu
pic métaphysique, comme une sortie possible hors du monde et hors de lui-même, qu’il semblait depuis toujours appeler de ses voeux.
Mathieu Macheret, Le Monde

5 Septembre Barbara

MARDI 5 SEPTEMBRE 20H30
Barbara
de Mathieu Amalric
(France - 2017 - 1h37)
avec Jeanne Balibar, Mathieu Amalric, Vincent Peirani
Ouverture de la section Un Certain Regard, Festival de Cannes 2017
Prix Jean Vigo 2017
RENCONTRE AVEC LE RÉALISATEUR

bande annonce



Une actrice va jouer Barbara, le tournage va commencer bientôt. Elle travaille son personnage,
la voix, les chansons, les partitions, les gestes, le tricot, les scènes à apprendre, ça va, ça avance, ça grandit, ça l'envahit même. Le réalisateur aussi travaille, par ses rencontres, par les archives, la musique, il se laisse submerger, envahir comme elle, par elle.
Autant prévenir tout de go : Barbara, septième film de Mathieu Amalric, est tout sauf un biopic
traditionnel. Point de récit en bonne et due forme sur les épisodes clefs de l’existence de la
chanteuse – ce serait faire injure à la création, à l’imaginaire. Ce n’est pas la biographie qui
intéresse l’auteur de Tournée (2009), mais l’esprit de la chanteuse, ses vertiges, ses sensations,
ses émotions, qui déteignent si bien sur nous. Deux documents précieux lui servent de fil conducteur. L’un est le bouquin culte de Jacques Tournier (romancier et traducteur décisif, de Gatsby le Magnifique, notamment), publié en 1968, Barbara ou les parenthèses (Seghers). L’autre est le documentaire de Gérard Vergez, réalisé durant la tournée de 1972, où l’on voit Barbara en voiture, côté passager, en train de tricoter, de divaguer ou de roucouler.
Amalric refait jouer ces séquences par Jeanne Balibar. C’est si bien fait qu’on ne sait plus très
bien laquelle est vraie, laquelle est fausse. On s’y perd, on s’y noie. C’est le but. Car Barbara
est comme un parfum capiteux, une obsession. Tout ou rien – impossible de l’aimer tièdement.
Même si elle est folle ou sorcière – ce qui transparaît aussi.
Ceux qui ne connaissent rien de Barbara pourront-ils l’apprécier ? On prend le pari que oui, pourvu qu’ils aiment simplement le mystère de la musique. C’est-à-dire les soupirs, les échos, le murmure, le silence, tout ce dont le chant de Barbara est aussi constitué.
Jacques Morice, Télérama

samedi 17 juin 2017

7 juillet Macadam Pop Corn

VENDREDI 7 JUILLET 20H30
MACADAM POPO CORN
de Jean-Pierre Pozzi
(France - 2017 - 1h19)
Documentaire, avec Mathieu Sapin
RENCONTRE AVEC LE RÉALISATEUR ET MATHIEU SAPIN
DÉDICACE, AVEC LA LIBRAIRIE FOLIES D’ENCRE

Bande annonce




Le dessinateur Mathieu Sapin (auteur de Gérard, 5 années dans les pattes de Depardieu) prépare
une nouvelle BD sur les salles de cinéma. Il va donc parcourir la France pour rencontrer ceux
qu’on nomme « les exploitants ». De villes en villes, il va découvrir la diversité d’un milieu et
l’envers du décor d’un modèle que le monde entier nous envie.
Le récit commence quand il vient juste de terminer son dernier ouvrage. Il doit en commencer un nouveau consacré aux salles de cinéma en France. Il décide de rencontrer les personnes qui s'en occupent. Jeunes chefs d'entreprise ou cinéphiles passionnés, tous ces gens témoignent et évoquent leur point de vue sur la culture et la programmation de leurs salles. Mathieu Sapin parcourt ainsi la France et découvre un cinéma itinérant en Lozère, mais également un multiplexe qui vient d'ouvrir
ses portes.
L’internaute. com

6 Juillet Avant la fin de l'été

JEU 6 JUILLET 20H45
AVANT LA FIN DE L'ÉTÉ
de Maryam Goormaghtigh
(France/Suisse - 2017 - 1h20)
avec Arash, Hossein, Ashkan
AVANT-PREMIÈRE AVEC LA RÉALISATRICE

Extrait


Après 5 ans d’études à Paris, Arash ne s’est pas fait à la vie française et a décidé de rentrer
en Iran. Espérant le faire changer d’avis, ses deux amis l'entraînent dans un dernier voyage à
travers la France.
Ce road-movie en forme de comédie sentimentale jette sur les routes de France un trio de trentenaires iraniens tendance pieds nickelés, exilés en France depuis quelques années, dont l’un a décidé de rentrer au pays et que ses deux amis veulent convaincre de rester.
Ce faisant, le film accueille avec une même générosité des plages de dialogues philosophiques
et un burlesque pince-sans-rire, des séquences contemplatives teintées d’un onirisme pop avec une violente mélancolie de l’exil. Le déplacement salutaire qu’il opère par rapport aux habituelles fictions tournées en région, conduit à se demander si quelqu’un n’a pas glissé un subtil hallucinogène dans le verre qu’on sirotait en terrasse plus tôt.
Quelque part entre le primitivisme d’Albert Serra, le burlesque minimaliste de Wistam Charraf et la 
« bromance » à la Judd Apatow, la réalisatrice déploie souverainement sa vision, tendrement hédoniste et sensuellement rageuse.
Et nous, on en redemande.
Isabelle Régnier, Le Monde

29 juin Ava

JEU 29 JUIN 20H30
AVA
de Léa Mysius
(France - 2017 - 1h45)
avec Noée Abita, Laure Calamy, Juan Cano
Semaine de la Critique, Cannes 2017
RENCONTRE AVEC LA RÉALISATRICE

Bande annonce



Ava, 13 ans, est en vacances au bord de l'océan quand elle apprend qu'elle va perdre la vue plus
vite que prévu. Sa mère décide de faire comme si de rien n’était pour passer le plus bel été de
leur vie. Ava affronte le problème à sa manière. Elle vole un grand chien noir qui appartient
à un jeune homme en fuite…
Ava perd progressivement la vue. Et le film de figurer ainsi ce handicap naissant moins comme
une perte irrémédiable que comme la possibilité de découvrir enfin le monde. De fait, c’est l’enfance qui disparaît littéralement pour la jeune fille qui s’entiche d’un chien noir rodant aux alentours – chien appartenant à un beau garçon du coin et qui fait le lien entre la vue progressivement obscurcie d’Ava et la découverte de son corps à cet âge incertain.
C’est que le film furète lui aussi allègrement sur des sentiers que l’on ne peut que se réjouir de
le voir emprunter : Ava assume une représentation de la sexualité aussi évidente que cette
scène où le corps nu de sa protagoniste aux yeux bandés s’offre à l’océan.
Et le film de s’embarquer alors dans un roadmovie qui permet à la cinéaste de s’autoriser
des embardées formelles déjouant les codes du naturalisme adoptés majoritairement
jusqu’alors. Reste ainsi en mémoire cette séquence découpée en de multiples splitscreens
où les deux tourtereaux renaissent en Robin des Bois modernes, subtilisant aux vacanciers naturistes leurs effets personnels.
Critikat.com


26 Juin Entre deux rives

Lundi 26 Juin 20h15
ENTRE DEUX RIVES
de Kim Ki-duk
(Corée du Sud - 2017 - 1h54 - VO)
avec Ryoo Seung-bum, Lee Won-geun,Young-Min Kim
AVANT-PREMIÈRE AVEC LE GRAND KIM KI-DUK !`

Bande annonce
Sur les eaux d'un lac marquant la frontière entre
les deux Corées, l'hélice du bateau d’un modeste pêcheur nord-coréen se retrouve coincée dans un filet. Il n’a pas d’autre choix que de se laisser dériver vers les eaux sud-coréennes, où la police aux frontières l’arrête pour espionnage. Il va devoir lutter pour retrouver sa famille...
Kim Ki-duk nous montre le contraste très flagrant entre deux mondes bien opposés : que ce soit minimalisme et simplicité en Corée du Nord, ou surabondance et luxe en Corée du Sud,ces deux pays sont aussi corrompus l’un que l’autre. 
Le personnage principal, Chul-woo, subit autant d’investigation et de surveillance des deux côtés de la frontière. A travers les désastreuses aventures de son personnage principal extrêmement attendrissant, Kim Kiduk dresse une critique sociale puissante, dénonçant les visions stéréotypées trop extrêmes des deux Corée. 
Le cinéaste signe une oeuvre très aboutie, qui lui permet de s’affirmer encore davantage comme l’un des plus fins observateurs de la société sud-coréenne d’aujourd’hui. Ciné Diagonale

jeudi 11 mai 2017

19 JUIN CE QUI NOUS LIE

Lundi 19 Juin 20h30
CE QUI NOUS LIE
de Cédric Klapisch
(France - 2017 - 1h53)
avec Pio Marmaï, Ana Girardet, François Civil
RENCONTRE AVEC CÉDRIC KLAPISCH

bande annonce



Jean a quitté sa famille et sa Bourgogne natale il y a dix ans pour faire le tour du monde.
En apprenant la mort imminente de son père, il revient dans la terre de son enfance. Il retrouve
sa soeur, Juliette, et son frère, Jérémie. Leur père meurt juste avant le début des vendanges. En l’espace d’un an, au rythme des saisons qui s’enchaînent, ces 3 jeunes adultes vont retrouver ou réinventer leur fraternité, s’épanouissant et mûrissant en même temps que le vin qu’ils fabriquent.
Au coeur du nouveau film de Cédric Klapisch (Le Péril jeune, L’Auberge espagnole), l’image
d’un pied de vigne noueux semble nos dire l’ambition de son projet : faire à la fois un film
de fiction sur la culture du raisin, sur l’exploitation viticole/vinicole, mais surtout sur les noeuds qui nous relient les uns aux autres au sein d’une famille aux liens a priori distendus. 
Et Klapisch réussit parfaitement son pari en nouant dans le même temps les émotions les plus contradictoires, en fondant et le rire et les larmes, grâce à ses comédiens irréprochables.

15 JUIN MIRACLE MILE

Jeudi 15 Juin 20h15
MIRACLE MILE
de Steve De Jarnatt
(USA - 1989 - 1h27 - VO)
Avec Anthony Edwards, Mare Winningham, John Agar
AVANT-PREMIÈRE DE RÉÉDITION
EN PRÉSENCE DU RÉALISATEUR

extrait



Une nuit, après un rendez-vous raté avec la femme de sa vie, un homme reçoit dans une cabine téléphonique l’appel d’un militaire affolé, qui lui apprend que des missiles nucléaires vont s’abattre sur Los Angeles dans 1 heure et 10 minutes.
Ce long-métrage de Steve De Jarnatt est un film assez méconnu qui aborde un sujet rarement traité au cinéma finalement, à savoir les évènements qui se passent avant une catastrophe nucléaire, où l'Homme redevient un animal, se battant uniquement pour sa propre survie et n'hésitant pas à tuer dans ce but (les scènes d'émeutes urbaines sont, à ce titre, impressionnantes de réalisme). Ce qui est
remarquable, c'est que le film commence presque comme une comédie romantique et puis la tension monte au fur et à mesure, jusqu'au superbe et tragique final, magnifié par la musique de Tangerine Dream. 
Les acteurs sont très bons, en particulier Anthony Edwards (rarement aussi bon quedans ce film) et Mare Winningham, qui forment un couple très émouvant.